Pénurie d’électricité
UNE PRODUCTION MISE À MAL
Malgré l’essor de la production hydroélectrique durant la première moitié du XXe siècle, les usines ne parviennent pas à répondre à la demande. Cette situation est aggravée par plusieurs saisons hivernales sèches entre 1946 et 1949, qui réduisent les débits disponibles. Le pays vit donc une pénurie d’électricité durant cette période.
DES LIMITATIONS DRASTIQUES
Pour remédier à cette crise, les pouvoirs publics instaurent des mesures restrictives. En novembre 1946, des journaux valaisans comme Le Nouvelliste relaient les nouvelles directives édictées par l’Office de guerre pour l’industrie et le travail.
UNE SUPER-CENTRALE EN VALAIS ?
En 1929, le Service fédéral des eaux lance une étude sur les possibilités d’accumulation pour la production d’énergie durant l’hiver en Suisse. Terminée en 1941, cette étude est mise à la disposition des entreprises de production d’électricité. Pour le Valais, elle propose de transformer la centrale de la Première Dixence « en une super-usine produisant environ 1,7 milliard de kWh d’énergie en hiver ».
UN AMÉNAGEMENT GÉANT
Cette centrale améliorée serait alimentée par les eaux captées depuis les bassins versants situés entre la Viège de Zermatt et la Dranse de Bagnes. Ces eaux seraient dérivées dans un barrage de 430 millions de m3 d’eau au moyen d’environ 100 km de galeries d’amenée et de plusieurs usines de pompage. Six conduites forcées, placées parallèlement aux deux existantes, les conduiraient ensuite à une centrale à construire à proximité de celle de Chandoline. Le projet total est estimé à 690 millions de francs.

© Raphaël Fiorina, Grande Dixence SA
Différents projets à l’étude
L’INTÉRÊT D’EOS
Dès le départ, EOS (Energie Ouest Suisse) se montre intéressée par l’idée du Service fédéral des eaux : d’une part, les installations de la Première Dixence seront affectées par le nouvel aménagement et, d’autre part, parce que la société souhaite développer ses capacités de production en hiver.
Le bassin d’accumulation dans le val des Dix accueillera un total de 400 millions de m3 d’eau, composés des 50 millions du barrage de la Première Dixence, et de 350 millions supplémentaires attendus avec le nouveau mur. Ces eaux seraient turbinées sur plusieurs paliers, dans une cascade d’usines prévues à Fionnay, à Sembrancher et au Guercet (près de Martigny).

© Raphaël Fiorina, Grande Dixence SA
Ces changements par rapport à la variante fédérale expliquent la baisse de production : EOS l’imagine à 1,4 milliard de kWh en hiver.
LA SOLUTION RETENUE
En 1954, Grande Dixence SA étudie plusieurs variantes de projet. Comme elle ne parvient pas à obtenir les eaux de la vallée supérieure de Bagnes, la société choisit l’option qui permet de capter les eaux dans les bassins versants de la Viège de Zermatt et de la Borgne.
Les vallées d’Anniviers et de Bagnes sont ainsi abandonnées, au profit de la Gougra pour la première et de Mauvoisin pour la seconde. Quatre stations de pompage remontent les eaux captées à une altitude inférieure à 2’400 m, pour les amener dans le grand collecteur qui les achemine jusqu’au lac des Dix. De ce barrage, de l’eau est conduite vers les usines de Fionnay et de Nendaz, ainsi que vers la centrale de Chandoline (EOS). En hiver, la production est estimée à 1,4 milliard de kWh.
Les frais de construction se sont finalement élevés à un peu moins de 1,7 milliard de francs.
LA GRANDE DIXENCE MISE EN SERVICE EN 1965
- Un barrage-poids haut de 285 m. C’est le record du monde !
- Un bassin versant de 420 km2
- 2 usines de production – Fionnay et Nendaz
- 100 km de galeries, dont le collecteur principal peut être qualifié de « véritable fleuve souterrain, parallèle au Rhône »
- 4 stations de pompage – Arolla, Ferpècle, Stafel et Z’Mutt – accompagnées de leur bassin de compensation