Culture d’entreprise
DE NOMBREUX CONSORTIUMS
Grande Dixence SA opte pour une réalisation de son aménagement en co-régie intéressée. Ce système a l’avantage de faire participer aux gains ou aux pertes les entreprises impliquées, ce qui les motive à respecter, voire devancer les délais des travaux adjugés et à envisager des mesures d’économie quand les conditions le permettent.
Le consortium le plus important de la Grande Dixence est celui en charge de la construction du mur dans le val des Dix.
« Au barrage de la Grande Dixence, c’était Zschokke et Losinger, les grands patrons, ceux qui avaient l’entreprise […] »
Source : VOUILLOZ BURNIER M.-F., Générations barrages : la place des hommes dans les sociétés alpines au XXe siècle, 2019, p. 312.
Ce consortium est constitué des sociétés Losinger (Sion), Zschokke (Genève), Imboden (Sankt Niklaus) et Vadi & Besson (Sion), en sus de Grande Dixence SA. Grâce aux entreprises valaisannes, il dispose d’une main-d’œuvre autochtone et de qualité.

© Plates-Bandes communication Sàrl
LE CHOUCAS
Tant le personnel de Grande Dixence SA que celui des sociétés impliquées dispose d’un journal d’entreprise – le Choucas – publié entre 1953 et 1963.
Précieuse source d’informations durant la construction et aujourd’hui encore, le Choucas remplit plusieurs vocations. D’abord, il présente les entreprises participant au projet. C’est également l’occasion d’expliquer aux ouvriers les services dont ils disposent. En outre, ses rédacteurs affichent une volonté de les éduquer en abordant des thèmes comme la sécurité contre les avalanches ou l’épargne. Enfin, ce journal informe les ouvriers sur les techniques utilisées pour la construction, sur l’avancée des travaux et sur ce qu’il reste à réaliser.
Vie sur les chantiers
UN SERVICE SOCIAL
En dehors des tâches liées à la réalisation de l’aménagement, le Consortium de construction du barrage de la Grande Dixence prend également en charge le Service du personnel, installé dans le bâtiment du « Ritz » construit entre 1953 et 1954 sur le site du Chargeur.
Ce dicastère s’occupe de la gestion des logements et des cantines. Il propose aussi des services aux ouvriers, comme les horaires de travail, le paiement des salaires et des allocations familiales, des conseils en matière d’assurances en faveur du personnel actif sur les chantiers et des renseignements sur les impôts. Enfin, l’agent social est également le rédacteur en chef du Choucas.
Cette organisation perdure jusqu’en 1961, année de la fin des travaux de construction du barrage de la Grande Dixence.
DES LOISIRS POUR LE TEMPS LIBRE
Les ouvriers travaillent quotidiennement entre 10 et 11 heures sur les chantiers et bénéficient d’un jour de repos le dimanche, ce qui leur laisse peu de temps libre. En revanche, la palette des loisirs est vaste malgré la localisation géographique du chantier du barrage. Pour rappel, ce dernier se situe en haute montagne, à plus de 2’000 mètres d’altitude !
« Il y avait la société de gym, le jeu de quilles, des jeux de billard ; le football avait un club organisé par Grande Dixence […] Il y avait le cinéma, en tout cas deux fois par semaine, des films différents… »
Source : VOUILLOZ BURNIER M.-F., Générations barrages : la place des hommes dans les sociétés alpines au XXe siècle, 2019, p. 311.

© Raphaël Fiorina, Grande Dixence SA
À cette liste peuvent s’ajouter la lecture de livres ou de revues mis à disposition par la bibliothèque, les courses de ski, les fanfares, les spectacles et bien d’autres activités.

© PraderLosinger, Médiathèque Valais – Martigny

© PraderLosinger, Médiathèque Valais – Martigny